Sécurité Dolibarr : stratégie Checklist en 30 jours

Objectif – Mettre en place, en une centaine de lignes de travail réparties sur 30 jours, une démarche de sécurisation complète de votre plateforme Dolifarr (ERP/CRM) : du diagnostic à la continuité, en passant par le durcissement des configurations, la gestion des identités et la surveillance.

Public visé – Administrateurs système, responsables de la sécurité (RSSI), équipes techniques qui hébergent Dolibarr en interne ou sur un serveur partagé.


1. Pourquoi la sécurité de Dolibarr mérite une attention particulière

  • Données sensibles : clients, factures, stocks, contrats.
  • Attaque courante : injection SQL,-cross‑site scripting (XSS), brute‑force sur les mots de passe, déserialisation d’objets, exploits de plugins.
  • Conformité : RGPD, norme ISO 27001, PCI‑DSS (si vous traitez des paiements).

Un audit ponctuel n’est plus suffisant ; la sécurité doit être continuellement vérifiable au travers d’une feuille de route de 30 jours, découpée en objectifs opérationnels, puis en tâches quotidiennes.


2. Cadre général de la stratégie

Axe Description Outils/Sources recommandés
Governance Politique de sécurité Dolibarr (accès, sauvegardes, logs) Document interne, checklist de gouvernance
Architecture Diagramme réseau, segmentation des zones (DMZ, LAN) Visio, draw.io
Hardening Désactivation des modules inutiles, renforcement du serveur php‑hardening, Open‑SSH config
Authentification & IAM MFA, principe du moindre privilège, gestion des rôles LDAP, Keycloak, Authentification à deux facteurs
Gestion des vulnérabilités Scans de vulnérabilités, patchs, mise à jour versionnelle OWASP ZAP, Nikto, Dependabot, GitHub Advanced Sec.
Surveillance & Réponse Collecte de logs, SIEM léger, alertes automatisées Elastic Stack, Graylog, Fail2Ban
Sauvegardes & Reprise Politiques de sauvegarde, test de restauration Rsync, BorgBackup, Duplicity
Test & Validation Tests d’intrusion internes, conformité aux standards Attack IQ, OWASP Benchmark


3. Checklist 30 jours – Découpage par semaines

Semaine 1 – Audit & diagnostic (Jours 1‑7)

Jour Action Résultat attendu
1 Inventaire complet de l’instance : version de Dolibarr, modules actifs, extensions tierces, base de données, serveur web (Apache/Nginx), PHP, OS. Tableur ou tableau de bord
2 Analyse des dépendances : liste des modules additionnels et de leurs versions. Décision “garder / désactiver”
3 Vérification de la configuration web : désactivation du listing de répertoires, headers de sécurité (X-Content-Type-Options, X-Frame-Options). Rapport de configuration
4 Scans de vulnérabilité : OWASP ZAP + Nikto contre l’URL publique. Fichier de vulnérabilités
5 Revue des droits d’accès aux fichiers (chmod, chown). Checklist de permissions
6 Audit des logs : localisation des fichiers de logs (/var/log/apache2/access.log, Dolibarr logs). Plan de centralisation
7 Restitution écrite : synthèse des points critiques + priorisation (“critical”, “high”, “medium”). Feuille de route définitive

Semaine 2 – Durcissement de l’infrastructure (Jours 8‑14)

Jour Action Détails
8 Mise à jour du système : patch OS, OpenSSH, PHP, Apache/Nginx.
9 Renforcement du service web : désactivation de modules inutiles, ajout de mod_security, CSP, HSTS.
10 Isolation PHP‑FPM : utilisation de pools séparés pour limiter les ressources et les permissions.
11 Configuration de la base : suppression des comptes par défaut, chiffrement MySQL/MariaDB (InnoDB Transparent Data Encryption).
12 Gestion des certificats TLS : génération d’un certificat Let’s Encrypt + redirection HTTP‑>HTTPS, désactivation des versions TLS 1.0/1.1.
13 Paramétrage du pare‑feu : blocage des ports non‑utilisés, règles d’entrée restreinte (ex. 9443 uniquement pour maintenance).
14 Documentation : mise à jour du diagramme d’architecture avec les nouvelles zones sécurisées.

Semaine 3 – Gestion des identités et des accès (Jours 15‑21)

Jour Action Objectif
15 Création des comptes RH : chaque collaborateur possède un login unique, pas d’admin partagé.
16 Mise en place du MFA : via Authentification à Deux Facteurs (Google Authenticator, U2F) avec un solution comme Duo ou Keycloak.
17 Modélisation des rôles : construction de profils (ex. Visiteur, Comptable, Responsable Stock) avec principe du moindre privilège.
18 Audit des comptes : désactivation des comptes inactifs > 90 jours, suppression des comptes “demo”.
19 Journal des actions : activer le fichier dolibarr_logbook (ou équivalent) et configurer la rotation des logs.
20 Test de connexion : utilisation d’un scanner interne (ex. Tenable) pour vérifier que les rôles respectent leurs limites.
21 Formation rapide : briefing des équipes sur les bonnes pratiques (mot de passe fort, phishing).

Semaine 4 – Surveillance, sauvegarde et tests (Jours 22‑30)

Jour Action Résultat attendu
22 Déploiement d’un agrégateur de logs (Elastic / Graylog).
23 Création d’alertes : tentatives de connexion échouées (> 5), modification de fichiers sensibles, changements de rôle.
24 Plan de sauvegarde : mise en place automatisée (ex. BorgBackup) avec chiffrement, stockage hors‑site.
25 Test de restauration : restauration d’une sauvegarde aléatoire sur un serveur de test.
26 Plan de reprise d’activité (PRA) : description des étapes de basculement en cas de panne.
27 Test d’intrusion interne : simulateur de phishing ou exploitation d’une vulnérabilité connue (ex. XSS d’un module désactivé).
28 Évaluation de la conformité : cross‑check avec les exigences RGPD (droit à l’oubli, chiffrement).
29 Documentation finale : consolidation de toutes les procédures, diagrammes, check‑lists.
30 Revue de clôture : présentation aux parties prenantes, plan d’amélioration continue (itération chaque trimestre).


4. Modèle de checklist quotidien (exemple)

Checklist d’opérations quotidiennes (30 jours)

Action quotidienne
1 Vérifier l’état des services (Apache/Nginx, MySQL, Dolibarr).
2 Contrôler les logs de sécurité pour events critiques (> 5 tentatives).
3 S’assurer que les sauvegardes du jour ont bien été générées.
4 Appliquer les patchs de sécurité parus sur le système d’exploitation.
5 Scanner les changements de fichiers sensibles (ex. /etc/passwd, /etc/shadow).
6 Réviser les journaux d’audit des accès Dolibarr (login, rôle).
7 Mettre à jour le journal de suivi des incidents.


5. Points de vigilance post‑déploiement

  1. Mise à jour continue – Dolibarr publie des correctifs régulièrement ; intégrer un processus de revue mensuel.
  2. Gestion des plugins – Ne jamais installer de modules provenant de sources non‑certifiées ; privilégier le repo officiel de Dolibarr.
  3. Élargissement du périmètre – Si vous avez des services annexes (mail, webmail, stockage), ré‑applyz la même checklist.
  4. Tests périodiques – Re‑exécuter le scan de vulnérabilité chaque trimestre.
  5. Réévaluation des droits – Revérifier les profils tous les 6 mois pour tenir compte des évolutions métier.


6. Conclusion

En suivant la checklist 30 jours présentée ci‑dessus, vous passez d’une simple configuration de Dolibarr à une stratégie de sécurité méthodique, capable d’anticiper, détecter et contenir les menaces.

  • Jour 1‑7 = diagnostic sans surprise.
  • Jour 8‑14 = verrouillage de l’infrastructure.
  • Jour 15‑21 = fédération d’identités rigoureuses.
  • Jour 22‑30 = mise en place de la surveillance, de la sauvegarde et des tests.

Adoptez ce plan comme document de référence évolutif : chaque itération apporte des améliorations concrètes, tout en laissant place à la culture de la sécurité au sein de votre organisation.

« La sécurité n’est pas un état final, c’est un processus continu. » – Proverbe IT.

Bonne sécurisation de votre Dolibarr ! 🚀

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